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vendredi 7 janvier 2011

Val d'Isère, 28 décembre 2010






Il y a des jours où l'on se dit qu'on va nourrir, qu'il ne faut pas aller rider aujourd'hui. Ce 28 décembre en était. 9h20, nous voilà enfin dans le téléphérique nous menant au sommet de Bellevarde. Accompagnes de Julien Barlet, un amis d'Eric à qui nous allons tenté de faire découvrir le freeride comme nous le concevons, nous voilà enfin en route pour les cimes.











Malgré un temps merveilleux et un froid sec, une multitude de tracas m'ont laissé dans les starting blocks. Oubli du masque à l'appart, plus de piles dans l'ARVA, et j'en passe... Bref, de quoi douter, se dire que le mauvais sort s'acharne sur nous. Mais non. A en voir le soleil éclatant qui éclaire les visages dans le téléphérique, on se dit que ce n'est peut être pas la pire journée qu'il puisse nous arriver.

Il n'a pas neigé de quelques jours, et dans une usine à ski comme Val d'Isère, il va falloir ruser pour dénicher des pentes encore vierges. D'après quelques renseignements empruntés ici ou là, nous nous dirigeons en direction du tour du Charvet. Itinéraire pas très engagé, mais donnant lieu à de superbes décors, le tout, au soleil dès le matin, ce qui pourrait nous faciliter la tâche si c'est déjà bien tracé. Après un petit quart d'heure de remontées mécaniques histoire de prendre la température, nous voilà partis pour contourner cet immense proéminence rocheuse qu'est le Charvet. Le couloir des pisteurs, plein Nord, nous a attiré l'oeil, mais Eric et Ju ne sont pas très chauds pour crapahuter une demi heure. C'est donc plein Est que nous filons. Un groupe avec un guide nous précède. Notre instinct va entrer en jeu et payer.



Contrairement à eux, nous préférons tirer un peu plus sur la gauche en traversée. A près quelques centaines de mètres, la ligne est toute tracée. L'essentiel de la combe a été ridé. Par contre, la légère épaule qui se dessine sur sa gauche est encore vierge. Quelques éperons rocheux affleurent, ce qui a sans doute eut le mérite d'en décourager certains. Pas Nous ! Et il y a de la place pour 3. En demandant gentillement l'autorisation, je m'engage le premier. La neige est excellente. Le moteur est froid mais tan pis, pas question de s'arrêter, c'est tout droit jusqu'en bas. Julien, qui n'a pas encore l'habitude des grandes envolées fera un petit arrêt intermédiaire. Quand à nous, nous le remercions de nous faire patienter. A froid, le coeur est monté a 200 pulsations/minute, les cuisses sont bleuies, mais que c'était bon.




Trois touristes en difficulté dans une petite raideur nous prennent certainement pour des fous. J'en rit tout seul. S'ils connaissaient les sensations que l'on vient de se procurer ! Après un léger passage glacé et pas très agréable, la pente s'adoucit et s'ouvre largement, nous donnant en point de mire un petit pont qu'il faudra rejoindre pour clore le run. Neige extra, pente, vitesse, soleil. La journée n'est peut être pas si mauvaise qu'on aurait pu le croire. Après avoir abattu ma seule carte de la journée avec ce bel itinéraire, je laisse Ricco nous guider. Il était là il y a 2 semaines pour la Rocker Week, il aurait repérer quelques trucs sympas à faire. Suivons le guide...

Après avoir emprunté plusieurs télésièges et autres boulevards damés tels des billards, nous voici en haut du Fornet, un satellite de la station. Objectif : les vallons éponymes. Passés sous la corde délimitant le domaine, nous voilà hors des pistes. Ah bon ? Des traces de partout, limite des bosses. Sans rien dire, je commence à grincer des dents et à perdre mon enthousiasme. Et puis, en cherchent bien, nous nous dirigeons en direction d'une crête nous permettant de basculer sur les gorges de Malpasset.
En fait, nous avions repérer cet itinéraire sur la carte, nous y voilà. Des traces partent sur la droite, mais dans l'axe de la pente, aucune. Après un rapide coup d'oeil à la carte, nous décidons d'y aller prudemment. La première pente est un peu croûtée, mais la neige reste correcte, nous poursuivons donc un peu plus loin. Je décide de me lancer prudemment afin de communiquer à la radio d'éventuels dangers. A l'abri d'un rocher, je donne le feu vert à Ju et Ricco. C'est parti. 800m de dénivelé sous nos pieds. Pas une trace, des rochers à sauter, des épaules à rider, des combes remplies de neige à se noyer dedans.
La montagne est à nous. Toute la journée, nous n'aurons qu'à nous décaler légèrement de run en run pour profiter d'une neige abondante et vierge. Ouvrant la pente chacun à notre tour, jouant de tous les reliefs, cherchant des lignes un peu plus engagées (parfois trop !). Eric ira même jusqu'à "se croire dans Star Wars" tellement que la combinaison de la solitude, de la vitesse et des obstacles nous rappellent certaines scènes du film. La pente est plein Nord, la neige ne bougera pas de la journée. Les rotations s'enchaînent assez rapidement et c'est vers 15 heures que nous abdiquerons, unanimes sur notre état de fatigue. Mais quelle journée ! Loin des quartiers huppés et tape à l'oeil de la station, nous avons pris l'option anonymat. Et nous tairons encore longtemps cet accès qui nous a permis de nous gaver comme rarement on peut le faire avec autant de facilité sur un gros domaine, sans marche, ni risques. On peut dire que Julien a été verni pour une première journée de freeride. Espérons qu'on ait pu lui transmettre le virus.

Pour résumer, c'est grâce à notre expérience grandissante de la montagne et du freeride que nous avons osé et su prendre le contre pied de tous les itinéraires formatés, des traces se rejoignant toutes dans le même goulet, de la poursuite de groupes avec guides... Eric s'en sort bien... Contre pied aussi des signes superstitieux qui auraient pu me pousser à rester au lit ce matin ! Ainsi, tout en mesurant les risques de notre engagement, nous avons pu profiter de ce que peut encore offrir la joie d'une première trace dans de telles conditions. Magique.

Secret spot, 27 décembre 2010

Seul dans ma voiture, voilà déjà une bonne vingtaine de minutes que j'attends. Comme à son habitude, Ricco accuse un bon retard sur l'heure de rendez vous. Pas des heures, mais juste assez pour me crisper un peu, en voyant les voitures et autres navettes passer devant moi en direction de la station. Circonstances atténuantes soit disant... Un accident bloque la route à l'entrée de Bourg Saint Maurice et l'obligera à ruser pour venir me retrouver. Heureusement, aujourd'hui c'est dans notre secret spot que nous avons rendez vous.
Malgré une météo incertaine, nous décidons d'aller poser une voiture de l'autre côté de la station, au cas où nous pourrions envisager des manoeuvres plus conséquentes. Hier, j'étais déjà dans les coins mais seul. Dommage, car aucun itinéraire n'était encore tracé, mais en discutant avec les pisteurs, des coulées sont parties dans les jours précédents, ce qui me conforte dans l'idée de ne pas tenter le diable. Malgré tout, profitant du grand soleil qui illumine toutes les faces environnantes, j'ai pu me mettre quelques belles lignes, avant que la fatigue accumulée pendant les fêtes n'ait raison de mon corps.

Bref aujourd'hui, il faut rentabiliser, se cramer les cuisses, et tracer autant que possible.
Après s'être équipés rapidement histoire de refaire un peu de notre retard, direction le sommet de la station. Ricco ne cache pas sa déception. Au téléphone je lui avait annoncé que la station était déserte, qu'aucun couloir n'était tracé. Mais avec ce mauvais temps, il va falloir se replier sur la fôret, où le haut semble avoir déjà été ridé. Pas grave, on commence de bien connaître le coin, on va aller explorer un peu plus loin.

La neige est aussi profonde et douce qu'hier, la visibilité en moins. Sur les premières rotations, Ricco a un peu de mal à trouver ses marques, mais une fois que les moteurs sont chauds, tout s'enchaine. La neige, se met à tomber, ce qui nous excite encore plus. Les lignes choisies sont de plus en plus joueuses. Nous n'hésitons pas à nous mettre quelques jolis vols, sauter de petites barres dans la continuité de nos lignes. Révolue l'époque ou nous nous arretions à chaque rotation pour faire des photos, désormais, on enchaîne tels des morts de faim, gardant la session images pour la fin de journée lorsque la jauge est au rouge.
Du coup, c'est pas loin de 7000 m de dénivelés que nous nous enfilons dans la journée, sans passer plus de 2 fois dans nos traces et avec un seul arrêt aux stands. Et si la fatigue se fit ressentir assez tôt dans la journée, chacun de nous eut son moment d'euphorie pour remotiver son accolyte et repartir pour un tour.
Lors du soit disans dernier run, sur le chemin de traverse qui nous ramène sur le domaine, je repère une ligne qui s'ouvre dans la fôret de connifères de plus en plus dense. Du coup nous voilà repartis pour un tour, cette fois ci jusqu'en bas de la station. La neige est tombée en abondance, ce qui nous permet de descendre assez bas, avant de tomber sur ce qui semble être un chemin de raquettes. La nuit commence à tomber, les bois s'assombrissent.
Trempés jusqu'aux os d'avoir rider cette épaisse chute de neige toute la journée, nous rions tels deux gosses de notre perdition. Il y a seulement deux ans de cela, nous aurions sans doute été pris de panique. Aujourd'hui, connaissant la station par coeur, nous rentrons bien sagement à la voiture, les cuisses vides mais encore grandis par cette expérience qui nous a permis de découvrir une partie encore inexplorée de la fôret profonde de notre secret spot, sans avoir croisé personne de la journée. Ce soir, c'est direction Val d'Isère, où la météo s'annonce beaucoup plus clémente pour demain.

mardi 14 décembre 2010

Andermatt




Andermatt, le 11 Décembre 2010.




Nous sommes à peine mi décembre que déjà nous sommes sur la route de ma deuxième journée de ride. A croire que plus le temps passe, plus nous sommes dépendants de cette poudre. Tel un drogué en manque, Eric, n'a pas hésité à faire les 400 km qui le menèrent jusqu'à chez moi pour aller chercher sa dose de peuf le lendemain, de l'autre côté de la frontière, à Andermatt. Mais si l'appel de la neige est grand pour lui, qui n'a pas ridé depuis fin mars, il reste que sa grande motivation est la sélection pour la Rocker Week de Salomon, pour laquelle il a été sélectionné (Bravo à lui, nous, ça nous fous les boules, mais bonne chance quand même garçon !). Objectif donc : rails de poudre si poudre si possible, mais aussi reprise de marques et application pour Ricco.


Après 3 heures de route, nous voilà parachutés dans une région totalement inconnue pour nous. Les panneaux indiquant l'Italie toute proche, les publicités en Allemand, ne faciliteront pas notre localisation. Qu'importe, nous sommes à la montagne et il semble qu'il ait neigé très récemment. Le temps de s'équiper, de lâcher quelques euros dans le parking, d'autres (un peu trop à notre goût d'ailleurs pour la station !!!) dans les forfaits, et nous voilà partis vers l'inconnue. Sans prendre le temps de trop repérer, nous embarquons dans un télésiège, puis un autre, en vue de rejoindre le Gemsstock histoire de trouver quelques lignes à sniffer. Dans la précipitation, il semble que nous nous sommes trompés de dealer. Le plan des pistes ne correspond pas, mais ça ce n'est pas très grave. Ce qui l'est plus, c'est la qualité de la came : soufflée, durcit, bref, de quoi se faire mal aux cuisses pour un début de journée. Chose faite. nous en sommes quittes pour une traversée de village à ski, négociant entre autre un passage à niveau et un rond point tels des as du volant...







Quelques minutes plus tard, nous voilà enfin dans le téléphérique qui nous mènera enfin à l'opium du rider. Depuis la benne, notre impression est confirmée : ça a posé grave sur le haut. Pas un cailloux n'apparait, le manteau semble épais... mais la visibilité n'est pas tip top. Pas question de prendre des risques en terre inconnue. C'est pourquoi, bien qu'essayant de repérer quelques lignes qui aurait vallu quelques minutes de marche, nous renonçons au grand freeride pour aujourd'hui encore : sécurité oblige. Un itinéraire attire nos spatules de l'autre côté du domaine, mais sans carte, la zone semble glaciaire, et nous ne sommes pas équipés pour ça, le retour a l'air assez long, c'est donc non pour aujourd'hui. Nous nous enfilerons donc bien sagement une dizaine du run le long de la combe principale, essayant de racler les bords histoire de ne pas laisser un centimètre carré de peuf vierge nous passer à côté. Quelques petits couloirs plus engagés histoire de travailler un peu pour Ricco, mais la visibilité ne nous aide pas. Ce n'est que pour le dernier run, que le soleil percera et nous offrira le meilleur run de la journée, désormais presque seuls dans cette immensité. En effet, la plupart des ptits suisses qui flambaient dans la benne le matin avec leurs sacs ABS, leurs skis méga fat (dont on n'a pas compris à quoi ils leur servait d'ailleurs), les combin' flambant neuves des marques les plus onéreuses et j'en passe... et bien ces petits suisses là ont baché depuis longtemps et ont préféré aller claqués quelques euros, pardon, francs suisses, dans les restos d'altitude. Tanpis pour eux, tant mieux pour nous, qui pouvons apprécier au mieux cette fin de journée, qui sans faire la fine bouche, était quand même plutôt gorgée de poudre pour un 11 décembre !


Maintenant, il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts pour Ricco, qui devra se montrer solide sur les pentes de Val d'Isère le week end prochain, en espérant qu'il obtienne son sésame pour une semaine rêve.

dimanche 5 décembre 2010

4 décembre, Verbier.
Ouverture.
Voici peut être le maître mot de cette nouvelle saison. Tout d'abord parce que vues les conditions de cette fin d'automne, nous pourrions être tentés par faire plusieurs ouvertures de stations, comme ce matin à Verbier par exemple. Ouverture aussi, en vu des changements dans nos vies personnelles. Pauline crèche désormais à Modane, Julien dans le Doubs près de la Suisse, ce qui pourrait nous amener à aller promener nos spatules sur de nouveaux spots, loins de la Tarentaise que l'on a tant arpenté ces dernières saisons. Ouverture enfin, car ouverture d'esprit... Et il va en falloir en Géorgie, où nous pouvons nous attendre au meilleur, comme au pire.
Me voilà donc seul, ce matin, dans un spot encore inconnu de mes spatules : Verbier. Connu et reconnu dans le monde du freeride (notamment comme site historique de la finale du FWT au Bec des Rosses), il me tardait de découvrir cette station, située au coeur des 4 vallées. Quoi de mieux pour un premier aperçu, que ce début de saison, où dame nature à gentillement déposé un épais manteau d'une poudre aussi légère que froide.
8H15, ciel bleu, température glaciale, faces plâtrées, me voilà au pied du Mont Fort pour une journée disons découverte, sans prise de risque puisque je suis seul et que c'est la première d'une belle saison annoncée. Des premières bennes, quelques lignes partant du sommet de l'Attelas semblent intéressantes et safe, mais le manque de sous couche pourrait vite me faire déchanter au vu des pierres affleurantes. C'est donc sur le secteur du col des mines, que je passerais une bonne partie de la journée. Ici une impressionnante couche de peuf s'est agglutinée depuis quelques jours, ce qui me vaut d'en avoir jusqu'à la poitrine lors du premier run, où seules quelques traces croisent les miennes. Plutôt jouissif pour une première. Le seul problème reste le manque de pente, qui rend le déjaugeage délicat tant il y a de la peuf. Les températures glaciales des jours précédents la rendent légère et volatile. Du coup, afin d'en profiter pleinement, je m'inflige sur le run suivant, une vingtaine de minutes de marche, à flan de crête, histoire d'emmagasiner un peu d'énergie cinétique sur le haut de la face, un peu plus raide. Bingo ! Un léger sluff viens me chatouiller les fesses, et cette neige, qui telle un tas de plume, vole et m'éclabousse. Si les sensations ne sont encore pas excellentes, c'est toujours bon de s'en prendre la pleine gueule. Au fil des heures, les traces se multiplient, la neige s'alourdi mais les rotations s'enchaînent sur cette face des plus joueuses. 15h, épuisé depuis le matin, je rends les armes. Heureux d'avoir pu en profiter autant à cette période, mais réalisant que le freeride est avant tout une histoire de partage. Cette journée était belle, mais même si j'ai rencontré et discuté avec quelques locaux, elle ne vaut pas celles passées avec les potes. Du coup, il est fort probable que nous revenions tourner dans les parages avec la fine équipe, avec cette fois ci des ambitions un peu plus vastes concernant les itinéraires. Car avec l'aperçu que j'en ai eu hier, j'ai quand même bien envie de venir déchirer toutes ces faces qui demeuraient pour l'heure inaccessibles.
Ju

lundi 8 mars 2010

La Grave, 24 Février 2010.




16 heures, devant un plat de pâtes à la carbonara et une assiette de fromage, témoins de la faim que nous a déclenché une de ces grosses journées que l'on peut passer dans un endroit comme La Grave un lendemain de chute. Pourtant, deux jours plus tôt, jamais nous ne nous serions imaginés ici aujourd'hui.


Depuis la fin de saison dernière et des articles lus ici et là sur les possibilités freeride à l'Alpe d'Huez, nous n'attendons qu'une chose : que les conditions soient réunies pour aller explorer la station la plus populaire de l'Oisans. La neige est au rendez vous. Eric est sur place à Auris et confirme, ça pose régulièrement toutes les nuits, parfait. Sauf que... la veille de notre expédition, la limite pluie neige remonte assez haut, les précipitations s'accentuent. Ça devient craignos pour le lendemain. Mais j'ai des fourmis dans les jambes, deux jours que je n'ai pas skié que déjà ça me manque. Il faut trouver une solution pour optimiser un peu cette première semaine de vacances. Eric étant sur place, il faut trouver quelque chose à se mettre sous la dent dans les coins. Ça y est, je l'ai ! Mais oui ! Mais pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt, La Grave bien sur !!! Rendez vous est pris pour demain, 8 heures au croisement des routes du Lautaret et d'Auris. Malgré une neige lourde qui s'abat par pelletées sur mon pare brise, je suis à l'heure. En revanche, Eric a du mal à descendre de la station et accuse 45 bonnes minutes de retard. Ça sent le moisi, il serait mieux d'être dans les premières bennes pour pouvoir tracer.




Coup de bol, après une grosse demie heure de route en mode chasse neige, nous voilà sur le parking. Le téléphérique n'est pas ouvert. Nous faisons au plus vite pour nous changer et nous glisser dans la file d'attente. Le patroller nous annonce que les Ruillans sont fermés, il faudra se contenter de la forêt, mais bon, il devrait y avoir de quoi faire... La première montée est là pour nous le confirmer. Les lignes se devinent à travers les mélèzes, avec plus ou moins de pente. Mais sous les câbles, personne n'est passé, pourquoi se compliquer la vie. C'est parti, nous voilà lancé dans 50 cm de fraîche, posée sur des bosses bien dures. Les cuisses chauffent d'entrée, mais la barbe est blanche tellement ça gicle. C'est juste trop bon ! La première rotation jusqu'à P1 est vite bouclée. Nous revoilà en haut, et cette fois ci, nous optons pour les vallons de la Meije en coupant par une petite forêt. C'est du tout bon : de la pente, grosse neige, des mélèzes suffisamment espacés pour que les skis survolent le tout. Le bas de la descente se fait dans une neige plus lourde mais agréable tout de même. Si bien que nous réitérerons la chose encore deux fois, avec, en prime lors de la deuxième, un départ dans le jour blanc le plus total et une belle coulée (prévisible) qui dégueule sous mes lattes dans un passage plutôt engagé. Ça passe, c'est souple, c'est doux...on en redemande. Pillows et clairières s'enchainent pour notre plus grand bonheur.


La fin de journée est arrosée de soleil ce qui nous gratifie d'une vue splendide sur la Meije et le Rateau, platrés comme jamais. Les glaciers bleutés scintillent et transparaissent dans ces immenses faces. Un cadre idyllique pour les photographes... que nous ne sommes pas aujourd'hui, Ricco a oublié le matos. Pas grave, on en profite pour enchaîner des rotations raccourcies en dénivelé, mais d'une qualité exceptionnelle sur le haut. 15 heures, pas une minute d'arrêt depuis ce matin, nos cuisses abdiquent, on a notre compte. Curieusement, peu de riders qui étaient avec nous ce matin dans les bennes sont toujours présents, à croire que nous sommes en cannes...ou qu'on est vraiment des acharnés ! A la Grave, il fait bon être matinal pour tracer sereinement, mais c'est pas mal non plus de terminer la journée, quasiment seul dans ces immenses vallons. Et même si les cuisses sont vides, la dernière descente s'apprécie à sa juste valeur... surtout quand on sait que le débrieffing va se faire devant un bon plat de pâtes !!!

mardi 26 janvier 2010

Arcs explorers

16 Janvier, Les Arcs


Partis vendredi soir de Paris, nous avons le plaisir de venir rider la Tarentaise pour un week end. En vue de notre trip en Suisse où Pauline (voir présentation des riders) se joindra à nous, celle ci nous accompagne pour son premier week end freeride, loin des piquets dont elle a l'habitude. Et mademoiselle débute plutôt pas mal avec nous, puisqu'elle a contacté des amis à elle, habitants à Bourg Saint Maurice, qui acceptent de nous héberger pour tout le week end : Olivier et Arranza, dit Sassou, deux amoureux dont le coeur déborde de générosité, et que nous souhaiterions à nouveau remercier à travers ces quelques lignes. Le décor est planté, le programme est le suivant : Samedi, les Arcs et dimanche, Sainte Foy.

Et le séjour commence très fort ! Pensant louer des fats sur place, Pauline court de magasins fermés en magasins de merde pour se retrouver avec une pauvre paire de Scott ressemblant à tous sauf à des skis de freeride. Sans doute gagnée par l'émotion, en attendant le funiculaire, elle nous fera part de plusieurs oublis de matériel dont nous tairons la description. Ok, on s'affole pas, on a le temps!!!, même si on en connaît qui se seraient cassés tout seuls (hein Pat'!!!). Non, nous prenons ça à la rigolade et nous nous débrouillons pour combler rapidement ces petits manques...disons d'énergie en général.


Nous voilà rapidement au pied de la première rotation de la journée : les couloirs de Comborcière. Jamais empruntés par nos spatules, ils nous attirent l'oeil depuis un moment lorsque l'on prend le télésiège éponyme. Nous voilà partis pour un bon quart d'heure de marche, skis sur le dos, en direction de Fond Blanc, le tout sous un beau soleil. Une fois en haut, nous hésitons : Fond Blanc est bien éclairé, déjà un peu tracé. La neige semble un peu cartonnée tout de même. De l'autre côté de la crête, le premier couloir de Comborcière nous appelle. Une bonne quantité de poudre et aucune trace. Ce couloir assez raide se resserre rapidement avant de tourner sur sa gauche, si bien que l'on ne voit que le haut du run. Assez pour calmer notre euphorie et nous concentrer d'avantage. Eric se lance, ça à l'air de tenir, mais prudence. Nous attendons patiemment que le précédent soit sorti avant de s'engager. Le sluff déclenché par notre passage élimine une grosse partie de la neige. Le couloir se resserre sur une barre qui le traverse, ne laissant qu'un étroit passage pour nos skis. Sur la défensive, aucun d'entre nous ne prendra réellement de plaisir dans ce couloir. Sur le bas, la pente s'ouvre et nous pouvons relâcher la pression. C'est bon nous sommes chauds, pour ne pas dire déjà bien entamés. Une chose est sûre, ce couloir n'est pas le meilleur que l'on ait fait.

Arrivés au Pré saint esprit, il est temps pour nous de regarder en direction de l'Aiguille Rouge. Déjà, le temps semble se couvrir, ce qui pourrait compromettre nos projets. Et ces derniers se dirigent vers le couloir en S. Un classique des Arcs, mais dont l'entrée nous donnera du fil à retordre. Pire, nous ne la trouverons pas. Engagés dans ce qui semble être la bonne trace, nous nous retrouvons rapidement dans une impasse. Skis sur le dos, la paroi devient mixte et c'est littéralement de l'alpinisme que nous faisons. Le chemin devenant trop dangereux, nous faisons unanimement demi tour. Pas à pas, nous désescaladons comme nous le pouvons les quelques mètres gravis. Les avis divergent : Eric pense que c'est plus bas, moi je maintiens que c'est ici. Tant pis, la sécurité avant tout. Nous prendrons une trace un peu plus bas. Celle ci nous mène sur une crête vertigineuse, jonchée d'énormes corniches. Ambiance. C'est beau, mais ça a l'air raide. Finalement non, ce n'est qu'une impression. Un premier couloir part sur la droite. Pas de trace et pas mal d'éperons rocheux. Nous ne savons pas trop où nous sommes, il ne s'agit pas de faire de mauvais choix, nous sommes en haute montagne. Prudents, nous choisissons le couloir de gauche, déjà tracé.



La pente avoisine les 40°, la neige est douce, mais la visibilité médiocre nous laisse sur la retenue. La pente s'ouvre très largement, nous pouvons accélérer un peu mais ce n'est pas trop ça. Sur la défensive dans ce jour blanc, nous arrivons à bout des Grandes Pentes, autre classique des Arcs. Eric aura le malheur de se prendre une dépression un peu vite, ce qui lui coûtera un morceau de dent et de langue, joliment ôtés par ses genoux. Une énorme ancienne coulée coupe notre chemin et nous fait skier dans des boules de glace. Méfiance. Sagement, nous regagnons la forêt de Villaroger pour clôturer une jolie rotation de 2000m de dénivelés tout de même. La faim commence à se faire sentir. Nous avalons quelques compotes dans la longue remontée vers Arcs 2000.



Initialement, nous avions projeté de rider les Arendelières. Un run qui part du sommet de l'aiguille Rouge et qui offre du grand ski parait il. Mais vu la météo, cela semble compromis. Nous partons donc en direction du télésiège du grand col pour atteindre le haut du hors piste des Lanches. Déjà fait l'an dernier, nous sommes certains d'y trouver de la bonne neige, sauf peut être sur le bas. Bizarrement, alors qu'il n'a pas neigé depuis presque une semaine, la trace n'est pas faite. C'est donc avec enthousiasme que pas à pas nous gagnons le départ du dernier run de la journée. Prudemment, nous dépassons l'aiguille Saint Esprit en traversant une pente bien chargée, qui va nous amener sur une large face, dominée par le face Nord de Bellecôte, et vierge de toute trace. Un léger rayon de soleil nous permettra de nous envoyer un peu plus que tout le long de la journée. Pauline trace, Eric la suit, et je les rejoint par une autre ligne. Il ne reste plus qu'à remonter sur la crête des Lanches, dernière difficulté de la journée. Et pas des moindres. La neige s'y est accumulée, les jambes sont fatiguées, aucune trace ne nous aide. Courageusement nous atteignons le sommet, pensant nous régaler sur l'autre versant. Malheureusement, c'est jour blanc complet, impossible de distinguer le relief. C'est donc à une allure de papy que nous descendons sagement jusqu'à la combe de l'étroit. Pas très enthousiaste quand à l'état de la neige, je propose que nous nous arrêtions à Peisey. Eric insiste pour terminer le run. Pas si mal finalement, la neige ne s'est pas trop transformée, moins que d'habitude disons, ce qui nous permet de s'enfiler un long passage technique, non en vitesse, mais sans trop de souffrances. Satisfaits aussi, d'avoir eu le plaisir d'ouvrir un tel itinéraire tout de même. 1600m sous notre départ, nous voilà au Pont Baudin, où nous avons la chance d'arriver en même temps que la navette. Malheureusement, celle-ci ne nous ramènera pas jusqu'à la voiture. Il faudra donc marcher de Peisey Vallandry à Arcs 1600. Une bonne heure de marche d'après les locaux. Fait chier !!! Judicieusement, Popo appelle Olivier qui bosse dans la station. Il se trouve qu'il est encore là, et que par l'intermédiaire d'un de ses potes nous allons pouvoir regagner la voiture sans marcher : merci Olivier ! 19 heures, nous arrivons enfin au chalet, éprouvés par cette journée commencée dix heures plus tôt, mais qui ne figurera pas dans le top ten de nos sorties, la météo y étant pour beaucoup. Cette nuit, la neige devrait tomber, nous verrons demain ce que ça donne. En attendant il est temps d'aller casser une croûte et de recharger les batteries. Demain, nous avons le rôle de sanglier à tenir dans la forêt de Sainte Foy.


17 Janvier, Sainte Foy


Hier soir, nous sommes allés nous coucher, fatigués de la journée, mais des rêves plein la tête. En effet, alors que nous savourions (sauf Eric à cause de sa langue meurtit !!!) un énorme cheeseburger ; les lampadaires commençaient d'illuminer quelques flocons. Les voitures croisées étaient de plus en plus recouvertes de neige, et nous n'étions qu'à Bourg Saint Maurice, 800m d'altitude. Autant dire que notre imagination était ambitieuse pour aujourd'hui. Si tout va bien, nous devrions nous lever sous les flocons et terminer la journée sous le soleil.

A un peu plus de 8 heures, nous décollons du chalet d'Olivier et Sassou. Rapidement, la neige recouvre le bitume. La montée à Sainte Foy se fait à l'allure des fraises qui dégagent la route. Malgré les efforts d'Eric qui met de la bonne musique pour nous détendre, c'est long, trop long. Arrivés au chef lieu, la route va s'arrêter là pour nous. La voiture n'est pas équipée, il faudra terminer en navette. Pauline prend de l'avance en stop pour louer son matos, et nous la rattrapons peu de temps après au pied des remontées. Il est déjà dix heures. Les toits sont recouverts d'une bonne trentaine de centimètres en bas des pistes, ça à l'air tout bon, mais vu l'heure... ça risque d'être compliqué pour tracer non?



En bas du télésiège, nous croisons Olivier qui accompagne ses gamins sur la compétition. A voir son regard, il serait bien venu avec nous. Nous prenons notre première remontée de la journée, et là, stupeur : rien n'est tracé dans la forêt. En haut il y a quelques traces, mais le jour blanc nous incite à rester dans les bois. Bingo. Après une ou deux rotations difficiles pour nos cuisses, nous sommes à température. Les runs s'enchaînent, les traces ne se croisent même pas, chacun faisant la sienne. Ici, tous les chemins mènent à Rome !


Un peu plus tard, le ciel se dégage et laisse même apparaître quelques rayons de soleil, sur le bas tout du moins, car arrivés en haut, c'est la purée. Gentillement nous nous laissons glisser jusqu'à une belle pente, large et raide, parsemée de sapins et rochers sur le haut et se terminant sur une barre, ou dans des pillows lorsqu'on connaît le bon chemin. Pauline trace la première pente et nous fait découvrir des endroits méconnus. Bonne pioche. C'est un vrai régal. A l'abri du vent, la neige s'est déposée en masse et les blocs de rochers cumulent un bon 80cm sur le chapeau par endroit.

Pas de question à se poser, c'est tout droit, bosses ou pas, de toute manière on est montés sur coussins d'air ! Ça rebondi à tout va, les lignes sont fluides, c'est du tout bon. Nous aurons la chance de pouvoir enchaîner plusieurs rotations comme celle-ci sans croiser grand monde, un vrai bonheur. Malheureusement, le temps ne semble pas se dégager comme prévu, il faudra donc se limiter à de petits runs pour aujourd'hui. Encore un petit tour en forêt pour changer, mais sans grand succès. La journée avance et les traces apparaissent...normal... Nous en sommes quittes pour retourner sur le haut de la station, où, dans un épais brouillard, nous trouvons encore quelques lignes à tracer. Sur son passage, dans un étroit couloir, Eric déclenchera une belle coulée. Arrêtés avec Pauline à la sortie de ce dernier, ils auront le plaisir de me voir tracer comme un sourd jusqu'en bas. Pris dans ma ligne, je ne les a même pas vu.


Voici encore une bien belle journée passée ici, dans un registre différent de ce que l'on fait d'habitude, mais tout simplement grandiose.

Trempés d'avoir skié avec de la neige jusqu'au ventre, nous filons débrieffer au chaud, autour d'une bière.

Le séjour est censé se terminer ici mais...

mardi 19 janvier 2010

Sainte Foy, Acte 2




Depuis le début de la saison, la météo n'est pas vraiment avec nous. Certes, vous avez le droit de dire que nous sommes difficiles. Mais si ces énormes masses de neige nous régalent en fôret, le manque de visibilité dont nous héritons depuis le début de l'hiver ou presque, commence de nous rendre claustrophobes. Aujourd'hui, enfin, le ciel en a décidé autrement. Quoi de mieux, alors, qu'une station comme Sainte Foy, pour tracer sa ligne dans les faces vierges ou presque, toute la journée.



Ce matin est le dernier de cette trilogie ; il n'aurait même pas du exister, mais bon, nous sommes bel et bien là, alors profitons en. L'ouverture des volets me laisse rêveur. Blotti dans mon lit, j'observe le jour se lever. A travers les vitres je ressens le froid laissé par une nuit claire dans l'obscurité du matin. Un réveil comme je les aime, l'esprit déjà animé par les possibilités de lignes qui nous attendent.



9 heures pétantes, nous sommes dans le télésiège. Les jambes se souviennent de leurs efforts de la veille et semblent un peu raides. La première remontée, dans l'ombre, nous incite à aller voir ailleurs. Un versant ensoleillé serait pas mal pour débuter la journée. Le Monal par la Pierre d'Arbine semble être le bon choix pour se chauffer et faire enfin découvrir à notre chère amie, pourquoi nous venons ici, loin des usines à skieurs que sont Tignes, Val d'Isère et compagnie.
La petite centaine de mètres d'ascension pour atteindre le départ lui donnera le ton : des immensités immaculés, des faces de toutes inclinaisons, de toutes orientations. Au loin ; des 4000, des glaciers, et surtout... personne. Après avoir pris le temps de nous équiper, de choisir chacun notre ligne, c'est enfin parti pour une vraie journée freeride, comme on les aime. Du haut, on ne voit pas le départ à cause de la pente. Impressionnant selon Pauline.




Chacun notre tour, après un virage d'observation, nous coupons les freins et rejoignons le bas de ce premier run en 3 courbes. Bon, mais pas assez long. Profitant d'un doux soleil matinal, nous repartons en direction du village du Monal. Traversant des plaines enneigées, jouant avec de petits rochers, nous avons l'honneur et le plaisir d'ouvrir l'itinéraire, le tout dans une neige très froide et bien glissante. Dans le bas d'une combe, un chamois nous surveille avant de filer tel un équilibriste sur les rochers. La descente est un régal, l'arrivée ensoleillée dans le village une véritable récompense. Quelle vue ! Au pied du Mont Pourri, chaque nouvelle venue ici nous fait son effet. Tranquillement, nous clôturons la boucle pour regagner la station, impatients de retrouver les sensations du premier run, mais sur plus de 3 courbes.





Pour cela, direction le petit col. Situé à une vingtaine de minutes du sommet des remontées, l'entrée de ce couloir est déjà tracée. En revanche, après le deuxième virage, de grands espaces vierges s'offrent à nous. Skis sur le dos, nous voilà repartis pour la deuxième rotation de la journée. Finalement pas trop entamés physiquement, nous avalons les 200 mètres de dénivelé à allure régulière pour gagner l'entrée du paradis. Un par un, nous traçons notre ligne, selon notre humeur, notre inspiration. Ricco choisira une option tout terrain avec un départ plus engagé. La neige, légère et régulière de haut en bas, gicle sous nos appuis et nous offre enfin la possibilité d'atteindre de grandes vitesses.




Premières sensations vraiment freeride pour Pauline : Trop bon dira-t-elle. Non pardon, trop trop bon!! Idem pour nous, la découverte en moins, mais quand même... Les sapins et les pillows ont du bon, c'est vrai. C'est drôle, ludique, technique... Mais rien ne vaut de grandes courbes de cochons!!! Les cuisses brûlées et remplies de lactate, nous regagnons le télésiège du col de l'Aiguille (en attendant Ricco qui s'est laissé allé sur la piste) pour tirer des plans sur la fin de la journée.




Unanimement, nous optons pour la pointe de la Foglietta. Déjà entammés physiquement, nous préférons monter un peu plus tôt, tranquillement, pour profiter à fond du run. La marche est longue. Nous prenons le soin de nous mettre à l'aise avant de l'entamer. Popo donne le rythme, et après une heure de marche régulière nous atteignons la crête sommitale. Magnifique. Pas un nuage à l'horizon, la vue à 360° est comme d'habitude époustouflante. La face est restée à l'ombre, d'énormes quantités de neige s'y sont accumulés, la corniche atteint les deux mètres d'épaisseur par endroits.




Pauline doute quant à la qualité de la neige en voyant des traces dans le départ. Pour la rassurer nous lui conseillons de descendre par l'autre côté, ça en fera plus pour nous. Gentlemen, Popo ayant marché devant, nous lui laissons tracer la première. D'une traite, Mademoiselle tombe les 800m de la première face, finissant par un bon straight sur la fin. "Dommage, elle n'a pas profité de la fin" me fait remarqué un skieur de randonnée. T'inquiètes, on n'est pas là pour faire des dessins pensais-je dans ma tête. Eric la suivra de près, mais une pause à mi pente lui sera inévitable. Dommage, mais bon quand même.








Ayant pour la première fois la possibilité de se lâcher vraiment dans cette pente; puisque nous la connaissons et qu'il fait très beau, je ne me fait pas prié. J'engage droit dans la pente, avant d'aller mordre à gauche puis à droite de la trace principale. Énormes sensations de vitesse. Euphoriques, nous jetons un coup d'oeil au travail effectué. Trop beau, trop bon, trop grandiose...mais ce n'est pas fini. Le petit étranglement rocheux est un peu tracé sur le haut mais il s'ouvre vite et nous offre une nouvelle fois la possibilité de laisser notre signature à l'écart des autres.
Sur une pente un peu plus douce, mais en ayant accumulé de la vitesse de puis le haut, nous avons la joie de nous laisser glisser à notre gré, dans cette immensité montagneuse, de nouvelles images plein la tête. L'esprit tellement libre, Eric en oubliera de traverser au niveau du pont, ce qui lui offrira dix minutes de marches supplémentaires pour nous rejoindre. L'heure presse, il semblerait que la navette passe dans dix minutes. Nous avalons donc le petit boarder cross forestier à toute vitesse, les muscles des cuisses bleuis par l'effort. Raté!!!
Le bus ne passe que dans une heure. N'ayant pas très envie d'attendre dans le froid et peut être plus très lucides en fin de journée, nous prenons la décision de regagner Sainte Foy à pied, ce qui nous coûtera 45 minutes de marche...pour rien, puisque la navette pour la station nous rejoindra quelques instants après.

Ce petit trip se termine donc comme à chaque fin de journée depuis le début : galère !!!...mais heureux. Sourires aux lèvres, nous grimpons dans la navette où la chaleur et les virages n'auront pas de peine à nous bercer.

lundi 4 janvier 2010

Du 30 Décembre au 2 Janvier, Châtel

Pour tourner la page de l'année 2009, placée sous le signe du freeride avec en guest star notre trip en Argentine, quoi de mieux qu'un petit réveillon entre amis "aux fins fonds d'la Yaute". Même concept que l'an passé, nous voilà partis réveillonner dans les contrées de notre chère amie Pauline. Sauf que cette année, la neige n'est pas vraiment de la partie, tout du moins jusqu'aux derniers jours de l'année...

La journée du 30, marquée par de fortes pluies sur le bas du domaine ne restera pas dans les anales, si ce n'est que les bouteilles de blanc y ont été d'avantage descendues que les pistes. Celle du 31 débutera de la même manière, mais cette fois ci nous prenons les devants et montons quand même voir ce que ça donne en haut. Voir n'est peut être pas le bon mot, puisque le brouillard coiffe les sommets : jour blanc.









En revanche une agréable couche de fraîche a recouvert les traces et nous permet quelques rotations sympathiques. En mode touriste, il convient d'apprécier chaque virage car l'effet de groupe ralenti quelque peu notre progression, mais nous ne sommes pas venus pour déchirer de la pente et les fous rires répétitifs suffisent à notre bonheur. L'après midi nous gratifiera de quelques belles éclaircies, permettant de jouer un peu avec le relief.


Tout le monde ou presque goutte au saut de (petites) barres, les réceptions sont diverses dans cette neige molle, mais le plaisir est partagé. C'est donc le sourire au lèvres que nous irons réveillonner à grand coups de chèvre (breuvage locale) et de clairette, en compagnie de notre ami Alphonse. Le lendemain, les esprits s'éveillent chacun à leur rythme. Le constat est clair : temps pourri, corps fatigués : direction la Suisse, et plus précisément les bains de Lavey. Piscines extérieures à 38°, saunas, hammams, jacuzzis...quoi de mieux pour se nettoyer de la veille et recharger les organismes. Pendant 3 heures, chacun vaque selon son plaisir d'un bain à l'autre, tandis que là haut...ça pose!!! Le retour en voiture se fera sous les flocons.

Le lendemain matin, à l'ouverture des volets, nos cris résonnent dans la vallée, la neige est venue jusqu'à nous. En haut c'est bouché mais ça va être bon ! Pas manqué, personne aux remontées, fin de vacances oblige et une bonne couche pour envoyer. Flavien, le cousin de Pauline s'est renseigné sur les conditions et nous offre quelques belles descentes connues des locaux. Sauts de corniches, grandes courbes, slalom entre les sapins et les bosquets sur le bas. Tout y passe, et il n'en faut pas plus pour nous donner le sourire.




Cette année 2010 commence donc sous de bons auspices, attendons quelques jours pour confirmer tout cela.

lundi 28 décembre 2009

Les Arcs, Mercredi 23 Décembre


Deux jours se sont écoulés depuis notre dernière sortie que déjà l'envie de ressortir les lattes nous démange. Ce début de saison est marqué par des chutes de neige régulières, mais la limite pluie neige est assez haute en altitude. Sur la route, des trombes d'eau s'abattent sur nous. Malgré les prévisions météo, je ne vois pas comment nous pourrions voir apparaître une once de soleil. Pour la première fois depuis fort longtemps, c'est dans la voiture que nous nous changerons, afin d'éviter d'être trempés avant même de commencer. Puis, d'un coup, le déluge s'arrête. Le sol est gorgé d'eau. Nous croisons les doigts pour que la limite pluie neige ne soit pas trop haute. Dans cette hypothèse, et vu la visibilité du jour, nous projetons quelques runs sur Arcs 2000 se terminant dans la forêt de Villaroger...ce serait l'idéal. Arrivés en haut du funiculaire, tout est encore fermé. Les détonations des catex rythment notre attente. Tout semble bien plâtré ; mais sous les skis, ça colle. A 1600m la neige est bien humide. Notre première descente en attendant que le reste de la station ouvre confirme notre première impression : sur le haut, ça flotte, ça glisse; sur le bas, ça colle, ça brûle les cuisses. Peu à peu les remontés ouvrent. Profitant d'un bon timing, nous avons le privilège de faire la trace dans pas mal de descentes. L'idée de sortir des pistes nous parait compromise pour aujourd'hui : Sur toutes les orientations, les faces sont plaquées. Pas mal de coulées sont parties suite au P.ID.A., mais pas toutes...

Après un bon run dans le bois de l'Ours, nous voulons remettre le couvert en prenant sous le télésiège. A mon arrêt au dessus de la première pente, le manteau neigeux se fissure sous mes skis. Un plaque se détache et s'écoule jusqu'au replat situé en dessous. Heureusement, les skieurs du télésièges ont prévenus ceux se trouvant sur ma ligne. Pas de dégâts, mais une forte mise en garde; aujourd'hui, ça craint à mort. Tout au long de la journée les pisteurs ne cesseront de sécuriser le domaine. En restant prudents, nous tentons d'aller voir ce que ça donne au dessus de Villaroger. Même constat, tout est plaqué et ça part au moindre virage trop appuyé. En alerte constante, nous regagnons la forêt pour un petit run plus que sympathique sur le haut, un peu moins sur le bas, du au changement de neige. Entre l'épaisse couche de poudreuse et les pentes abruptes du haut du domaine, nous n'aurions qu'une envie, s'est d'aller s'y gaver. Mais aujourd'hui force est de reconnaître qu'il faudra dire non. La visibilité n'est pas très bonne et les conséquences d'une telle prise de risque pourraient être lourdes en cas de chute ou d'avalanche plus conséquente. Sagement, nous nous contenterons de tracer quelques côtés de piste, d'aller jouer un peu dans Malgovert, d'aider de pauvres anglais perdus en snow... Bref une journée bien moins intense que la précédente mais riche d'enseignements. En fin de journée, l'esprit tranquille, nous positivons grâce à notre bon timing qui nous a tout de même permis de skier de la fraîche en limitant la prise de risque... Pour ce qui est des grands itinéraires, ce n'est que partie remise, mais quoi qu'il en soit, ils seront toujours là et nous pourrons les apprécier à leur juste valeur.

mardi 22 décembre 2009

Quelque part en France, le 21 Décembre...


En vacances depuis quelques jours, nous aurions dû aller skier hier. Mais la météo (pas très fiable en ce moment…) nous en a fait décider autrement. Vaillant, Eric ira quand même avec des membres de sa famille pour toucher le gros lot : neige fraîche, soleil et froid.

Le lendemain, (donc aujourd’hui), nous prenons à nouveau la route des Alpes. La station nous ayant accueilli souhaitant garder l’anonymat, nous tairons volontairement son nom. La météo annonce beau le matin, et des nuages devraient apparaître dans l’après midi. Il ne faudra pas être en retard. Comme à notre habitude, nous arrivons sur le coup des 8h30, par contre, sous les nuages, ce que la météo n’avait pas prévu. Tout comme les 50cm de poudre déposés pendant la nuit, mais ça, ce n’est pas très grave. Le temps de s’équiper, de mettre la vitre jaune au masque et c’est parti, nous sommes dans le 3ème télésiège.







Autant dire que c’est à nous d’ouvrir le bal aujourd’hui. Et quel bal !!! Du télésiège, nous remarquons que la piste n’est pas tracée et recouverte d’un agréable duvet. D’une traite nous tombons les 400m de dénivelé, sans trop de pente certes, mais bien agréables quand même. Nous remettrons rapidement le couvert puisqu’ici les gens ne sont pas pressés de skier et la neige garde sa virginité fort longtemps.





Assez traîné, il est temps d’aller voir un peu plus loin. Rapidement en haut d’une remontée voisine, nous effectuons une petite traversée avant de gagner une large (très large ?) pente. Vierge. Rien, Pas une trace. Et ce sans la moindre minute de marche. Waouh ! Ca fait bizarre, ce n’est pas notre style ; qu’est ce qu’on fait on y va quand même ? Plutôt trois fois qu’une. Le haut du run est donc une large face avec quelques mouvements de terrains des plus ludiques ; le bas se termine en forêt.























Une forêt parsemée de sapinets puis un peu plus dense sur le bas… le tout, gavé, mais alors gavé de neige. C’est véritablement une première pour nous, du ski de forêt avec autant de neige. Exceptionnel ! Encore de nouvelles sensations, l’impression d’être montés sur ressorts.



La neige vole, tape sur notre poitrine, nous en prenons plein la bouche tellement ça gicle. Aucune hésitation, tout est recouvert, pas besoin de se soucier des rochers et cailloux. Seuls quelques troncs nous barrent le chemin mais rien de grave. Les trois runs s’enchainent et ne se ressemblent pas. Une fois plus de pente dans les sapins, l’autre de la déclivité sur le haut…et toujours aucune trace. Les skis déjaugent mais difficilement à cause du manque de vitesse sur les départs. Les spatules soulèvent une vague de neige devant nous, la pente se dévoile, nous montre son intimité. Quel privilège… je ne savais pas que cette année Noël tombait le 21 décembre !













Entre temps, le haut de la station a ouvert. Initialement, nous avions programmés trois itinéraires d’envergure. Vu le temps, cela semble compromis. De plus, pourquoi aller marcher alors que des centaines de lignes s’offrent à nous simplement par gravité. Le problème est vite résolu : aujourd’hui on se gave, du ski, du ski et encore du ski… Ce n’est pas si souvent.




J’ouvre le bal, tout en faisant attention au cheminement choisi car des plaques apparaissent. J’ai l’impression de skier dans du sucre. La pente facilite le déjaugeage, les skis tournent tout seuls, l’air siffle dans les oreilles. Eric me rejoins à l’abri en m’imitant quelques mètres à côté. Le reste de la première partie se termine dans une combe étroite, où une petite barre nous permettra de nous amuser un peu, avant de traverser la piste pour…retourner cueillir des champignons (comprenez faire un petit tour dans les bois).






Encore plus à l’aise, nous n’hésitons pas à sauter quelques rochers ou encore poser de bons gros virages bien appuyés entre les sapins. Le run se termine déjà. En remontant, nous remarquons qu’en allant chercher un peu plus loin en traversée, nous pourrions gagner une autre combe, vierge (faut il le préciser ?), pentu, parsemée de petits sapins. Sur le bas de cette première combe, il ne faudra pas oublier de couper à droite pour éviter une barre rocheuse. Sur le haut, je trace, agréablement d’après Eric, les skis déjaugent bien, impeccable.



Eric me rejoins. Nous faisons le point sur la suite de l’itinéraire. Eric s’engage, je le suis de prêt et l’entends crier : « Wooooo Juuu !!! Pillows !!! » Le garçon à l’air de s’amuser. Vu sa trace une fois en bas je comprends. En l’imitant pratiquement je le rejoins. Bilan : nous venons de tomber un passage plus que raide, gavé de petits pillows, vous savez ses champignons de neige qu’on voit dans les vidéos !!! Enorme, sensation nouvelle que d’avoir l’impression de se laisser tomber dans le vide en posant juste le tail du ski pour prendre un appui, tout ceci agrémenter d’une vitesse bien sympathique. La suite vous la connaissez…

















Toujours à la recherche de Robin (des bois). Arrivés en bas, la fatigue se fait sentir, nous nous accordons une pause compote et tirons un premier bilan : il y à tout juste un an, nous étions là… et quelle progression depuis, quel plaisir. Sans doute l’hiver dernier qui paye, un début d’expérience de la montagne, et encore plus notre séjour argentin, les conseils de Pat… Mais aussi cette neige qui nous facilite grandement le travail.

Entre temps, le haut de la station ferme, le risque de coulée sur les pistes est trop important. Du coup, nous terminerons la journée par six ou sept runs forestiers, prenant un itinéraire différent à chaque fois, un plaisir aussi, mais aussi le temps de faire quelques photos (à vous de juger).


Six heures non stop après le début de la journée, d’épais flocons remplissent le ciel et recouvrent peu à peu nos traces. L’acide lactique remplit nos cuisses à mesure des virages. Il est temps de s’arrêter. Nous regagnons sagement le bas de la station par des pistes que nous découvrons puisqu’en général, quand il fait beau, nous prenons les itinéraires bis…


Cette nouvelle journée passée sur les lattes aurait pu être un vrai cauchemar par manque de neige, par jour blanc … Or grâce à la générosité de dame nature la nuit précédente et à notre petit spot secret, ce fut un véritable rêve. A quand le prochain ?





lundi 14 décembre 2009

Tignes, 13 Décembre.

Voilà des semaines que nous l'attendions. Enfin, nous retrouvons la neige, qui cette saison se fait quand même attendre.
L'opportunité nous a été offerte par l'aimable Bureau des étudiants de l'institut VATEL de Lyon qui nous fait la journée bus + espace Killy à 25 euros, il n'en fallait pas plus pour nous faire sortir les lattes. Pour ma part, je compte sur les récentes chutes de neige et une météo clémente pour enfin tester ma nouvelle paire, disons que ça commençait de me démanger.
Comme à notre habitude, nous avons un minimum préparé cette première sortie, en repérant cinq ou six itinéraires, assez faciles d'accès et pas trop engagés pour une remise en jambe, histoire de retrouver des sensations, et faire le point sur la condition physique.
Arrivés à 8h30, le ciel est bleu, le froid glacial. Nous prenons le temps de nous équiper, de faire une petite piste pour se chauffer un peu les cannes, retrouver les marques et nous voilà partis en direction du sommet de la Tovière.
Objectif, les oreilles de Mickey. Un couloir à double entrée, débouchant sur une large pente et ne demandant pas trop de marche. Du bus, nous avons remarqué qu'il n'était pas tracé, impeccable. Direction la cabane des pisteurs pour avoir leur avis : première désillusion ; il a dégueulé et de grosses boules de glace encombrent le bas du couloir. Pas question d'aller se faire chier là dedans.
Nous écoutons donc nos interlocuteurs et prenons la direction de la Sache. La remontée a ouvert la veille, les traces devraient être rares. Mais, dans le télésiège, notre regard se portes sur une combe bien ombragée, remplie de neige fraîche et sans aucune trace : Les grapillons. Un des itinéraires que nous avions repéré. Ni une ni deux, arrivés en haut du télésiège, nous mettons les skis sur le sac et partons pour notre première balade de la saison. Nous grimpons jusqu'à un petit col puis longeons une crête. Deux snowboardeurs nous précèdent mais traînent un peu. Nous choisissons de les contourner par le haut : mauvaise pioche, la crête ne mène nulle part. Nous en sommes quittes pour nous laisser gliser jusqu'à une entrée de couloir : les Chardonnet.
Le départ semble sympa et part sur la gauche. Je m'y engage, si c'est bon, je ne m'arrête pas. Malheureusement, il a été déjà été descendu...en travers, ce qui nous oblige à de bons vieux virages sautés vu l'étroitesse du passage. En prenant notre temps nous en voyons la fin et pouvons ouvrir un peu plus nos courbes sur la bas du couloir qui donne sur une large pente. Facile d'accès, celle ci est déjà tracée mais la neige est profonde et excellente, ce qui suffit à notre bonheur pour ce premier run. Physiquement tout va bien, techniquement, il semble que la quinzaine de cet été porte ses fruits, nous sommes bien stables dans cette neige déjà tracé. Bilan positif.
Si tôt arrivés en bas, nous décidons de remonter, pour cette fois ci faire les Grapillons, notre itinéraire initialement prévu. Nous prenons donc le même départ, franchissons le petit col qui nous sépare d'une belle pente, et nous laissons glissé jusqu'à la moitié d'un cirque d'un blanc immaculé par le soleil. le temps de charger les skis, et nous voila partis pour cent cinquante mètres de dénivelés dré dans l'pentu. J'ouvre la marche en tentant de prendre des traces faites par des peaux. La neige ne tient pas, on s'enfonce jusqu'aux cuisses, génial ! Les premiers mètres sont délicats, en travers de la pente nous n'avançons guère. Puis peu à peu, nous retrouvons le rythme et progressons doucement. A mi pente, je décide de couper les lacets laissés par les traces. Nous adoptons notre technique utilisé en Argentine. Marche après marche, nous progressons, mais que c'est dur. C'est dans des moments comme celui là que je réalise que notre préparation physique effectuée avant l'Argentine a bien porté ses fruits là bas.
En grimpant, j'aperçois Eric, quelques mètres plus bas, la tête dans les gants, incapable d'avancer. Reprise difficile pour lui, va falloir se bouger le cul pour retrouver la caisse. J'en déduis rapidement qu'il n'y aura pas de prise de relais aujourd'hui. Visiblement pas loin du but, je prends sur moi et avance petit à petit. J'ai en ligne de mire une bande rocheuse qui évitera qu'on s'enfonce trop.
Malheureusement, une fois à sa hauteur, la pente est trop raide et je glisse sur cette paroi mixte. Eric me choppe au vol et m'évite une glissade dont je me passe volontiers; la remontée qui s'en serait suivie surtout.
Nous contournons finalement cette zone. Sur les derniers mètres, Eric fait la trace, et nous voilà une petite heure après notre départ, à notre objectif. Une petit brèche sur une longue crête, donnant d'un côté sur notre itinéraire et la station, de l'autre, sur des immensités montagneuses. Ce silence me manquait. Pas un bruit, personne autour de nous. C'est peut être ça que j'aime par dessus tout... Une petite collation rapidement avalée et nous voilà partis. La première combe est déjà tracée, la dernière aussi, la deuxième non.
Nous l'avions repéré depuis le bas, elle est à nous ! Je déclenche mes premiers virages, quel bonheur. Rapidement je prends confiance en mon nouveau matos et me permet de jouer un peu avec les mouvements de terrain, les courbes s'agrandissent, l'air siffle dans les oreilles, c'est bon, très bon. Eric me suis de très près. Même sensations, même facilité. Que demander de plus, un vrai régal
De là, nous regagnons le haut des vallons de la Sache. Un hors piste de proximité, accessible par gravité mais peu tracé en ce début de saison. Nous basculons sur le versant Nord pour effectuer une petite traversée. Eric s'engage en premier et va chercher sur la gauche une petite lèvre jouxtant le run. il termine par quelques belles courbes, découvrant quelques cailloux par manque de neige. Je le suis rapidement, prenant l'option de droite. Dans les traces au départ, je me rapproche au fil de la descente d'une épaule longeant la pente sur sa droite. Sur les premiers virages la neige est excellente, bien froide. Je prends confiance et tend un peu plus ma trajectoire. Malheureusement, plus bas, le vent a soufflé le relief, et je termine le run par une belle chute sur les cailloux. Tout vole ! Merci le casque...Plus de peur que de mal, je me relève et nous terminons la descente dans une neige de rêve. Il manque seulement un peu de pente pour se faire plaisir, mais bon, pour une première sortie...
Nous regagnons la station sagement par les pistes avant de se caler dans un bar en attendant le départ du car...
Cette première journée se termine, pour ce qui est du ski tout du moins, car maintenant il faut remonter à Paris, 3 heures de bus et 4 de voiture, dur dur, mais ça valait bien ça...
P.S.: désolés, pas de photos pour cette première journée, l'envie de skier était trop forte

 

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